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Bilan Nadia

Nadia est arrivée à l’association sans montrer de motivation particulière à participer aux activités, cela s’est fait progressivement tout au long de la prise en charge. En effet, sa motivation était relativement limitée au début, il était difficile d’obtenir son attention, Nadia semblait davantage préoccupée par ses lacets que par ce qu’on lui demandait de faire. Au cours du pansage qui consiste à brosser le poney, lui prodiguer des soins, il est nécessaire de continuellement stimuler Nadia pour qu’elle s’occupe de son poney, car Nadia a tendance à s’éloigner de son poney et faire autre chose. Même lors du pansage, Nadia a besoin de bouger, de changer sans arrêt de brosse. Les gestes qu’elle a lors du pansage sont brusques, Nadia ne semble pas prendre en compte le fait d’avoir un animal sensible qui a besoin de douceur, même lorsqu’on le lui rappelle Nadia a du mal à maîtriser ses gestes. Nadia aime taper sur les fesses de son poney avec ou sans matériel de pansage. En dehors du pansage, Nadia ne manifeste pas de réel intérêt pour son poney, elle n’a pas de gestes affectueux, ne recherche pas le contact physique ni ne communique avec lui.
La communication avec l’adulte accompagnant est aussi brève, Nadia échange quelques regards pour montrer qu’elle comprend ce qu’on lui dit, mais ne cherche pas à communiquer sauf si c’est pour exprimer un besoin particulier. De même, Nadia ne prend pas en compte le reste du groupe, elle ne communique qu’avec son environnement proche, c’est-à-dire la personne qui se trouve juste à côté d’elle.

Ce n’est que durant les exercices en carrière que Nadia est plus active et participe beaucoup plus. Elle écoute et comprend très bien les consignes et semble prendre du plaisir à réussir. En effet, Nadia manifeste facilement de l’auto satisfaction lorsqu’elle réussit un exercice. Les exercices proposés se font à pied avec le poney en main. Il est question de déplacer, assembler des objets, faire un parcours, jouer avec un ballon…

Ce n’est que vers la fin de la prise en charge que Nadia a changé de comportement. Nadia recherche à présent l’attention de l’adulte accompagnant et communique davantage. Lorsqu’elle arrive par exemple, Nadia vient spontanément dire bonjour. Les interactions avec son poney se développent peu à peu, Nadia fait davantage attention lorsqu’on lui dit qu’elle est trop brusque avec son poney, elle peut même caresser son poney et avoir des gestes plus contrôlés. Nadia écoute beaucoup plus les consignes lors du pansage, elle semble vouloir bien faire avec son poney et lui montre beaucoup plus d’intérêt en allant par exemple à la tête du poney pour chercher son regard.

Conclusion :
La durée de la prise en charge a été un facteur de réussite pour Nadia, car il lui aura fallu du temps pour s’habituer au lieu, aux personnes et à l’animal. Son investissement a été progressif, mais global, car cela s’est fait tant au niveau de la relation avec les autres que vis-à-vis de son poney.


Bilan Patricia

Patricia arrive toujours souriante, de bonne humeur et motivée pour aller chercher son poney dans son parc. En effet, Patricia s’est très vite liée d’amitié avec une petite femelle poney très douce et délicate dénommée Grisette. Les liens d’attachement se sont très vite tissés entre Patricia et son poney et il n’aurait pas fallu lui en proposer un autre durant les autres séances. Patricia est donc très présente pendant les séances, elle exprime à chaque séance une joie non contenue de revoir son poney préféré. Patricia recherche avant tout à partager des moments d’affection et de tendresse. Le pansage est une partie de la séance qu’elle affectionne particulièrement car elle prend soin de son poney, l’admire, la caresse, l’embrasse. Patricia parle à son poney, se félicite d’être en sa compagnie, Patricia est heureuse.

Les exercices en carrière lui plaisent beaucoup moins car elle perd le contact de son poney, elle est obligée de mettre de la distance dans la relation, ce qui lui semble compliqué. Patricia ne peut réaliser les exercices en carrière seule, elle a besoin d’être accompagnée et sollicitée par son accompagnant. Marcher à côté de son poney est très difficile, car Patricia est lente et s’oblige à être en arrière de son poney. Elle ne veut pas diriger son poney, mais plutôt se laisser « porter » par la longe qui la relie au poney. Au fur et à mesure des séances, Patricia a appris à marcher à côté de son poney, à s’adapter à son rythme, en accélérant sa marche. Cet effort ne se fait qu’au prix de stimulations répétées. Pendant les exercices, Patricia a besoin de se rassurer en ayant un contact tactile continu avec son poney elle s’agrippe par exemple à la crinière de son poney pendant qu’elle marche. Patricia réalise assez facilement les consignes lors des exercices, même si elle a besoin de se faire assister. Patricia a gagné en autonomie sur tout ce qui concerne la toilette de son poney, elle sait préparer seule sa boîte de pansage, c’est-à-dire choisir le matériel, l’utiliser et le ranger une fois le pansage terminé.

Relation avec le groupe :
Patricia ne recherche pas à partager ni échanger avec les autres membres du groupe, son centre d’intérêt ne se limite qu’à son poney et l’adulte accompagnant.

Relation avec l’adulte accompagnant :
Patricia apprécie la présence de l’adulte accompagnant, elle aime répéter des phrases pour exprimer son plaisir, elle renforce l’expression de son plaisir par des gestes (se frotter les mains) et des mimiques (les yeux grands ouverts). Patricia écoute et répond assez bien aux consignes qui lui sont données..

Conclusion :
Le contact tactile est très important pour Patricia, le fait de partager une activité avec son poney comme un jeu ou un exercice n’est pas ce que Patricia recherche, en revanche les échanges de regards, les câlins, les caresses les bisous, c’est principalement cela que Patricia aime sans lassitude.


Bilan Mathieu

À son arrivée, Mathieu s’est montré très peu communiquant. Outre l’absence de langage verbal, il porte son regard ailleurs, vérifie la présence de son gobelet en poche de façon extrêmement fréquente, a besoin de le toucher, de le prendre. Les activités qu’on lui propose ne parviennent pas à le détourner de son intérêt pour son gobelet. Néanmoins, il se laisse entraîner dans le groupe, accepte de suivre les activités autour du cheval. Cette participation se fait à grand-peine, dans la mesure où, au bout de quelques dizaines de secondes seulement, resurgit son obsession pour son gobelet. Ce laps de temps de quelques dizaines de secondes ne lui laisse pas le temps de développer une relation avec le cheval. Au fil des séances, à son arrivée, il caresse la tête du cheval de lui-même, mais toujours très furtivement. Sa bonne volonté n’est pas à remettre en cause, il ne refuse pas de prendre les brosses et de les passer sur le cheval. Il a une façon très distante de saisir les brosses et de les passer sur le cheval, « du bout des doigts ». L’objet brosse semble constituer un obstacle pour Mathieu entre lui et le cheval. Ses gestes sont durs et maladroits, il lui arrive de porter de petits coups de brosse sur le corps du cheval avec le bois de la brosse. Ses gestes sont plus doux sur le corps du cheval s’il n’utilise que ses mains. Ces moments de présence au contact du cheval ne durent jamais plus de quelques secondes en continu. Il revient sans cesse à son gobelet. Lorsqu’il ne peut plus participer, il lui arrive de se frapper violemment la tête.

Nous avons donc établi une sorte de contrat qui permet à Mathieu de faire autant de courtes pauses qu’il en éprouve le besoin, pendant lesquelles il peut s’asseoir, prendre son gobelet, à la condition qu’entre ces pauses il fasse l’effort d’accomplir ce qu’on lui propose, d’être présent à ce qu’il fait, et de ne pas toucher ni regarder son gobelet. Il semble que ce système puisse lui convenir, car il paraît moins inquiet pendant l’activité, s’y consacre un peu mieux.

Cependant il n’est pas exclu de voir Mathieu certains jours relativement indisponible pour l’activité, en dépit de la mise en place de ce fonctionnement. Ce sont des jours où il est agité, et où il nous a été rapporté qu’il était dans une période difficile. L’activité avec les chevaux n’a à ce moment-là pas assez d’impact pour le focaliser. Il se met tranquillement à l’écart, et seul son gobelet est l’objet de ses attentions.

Avec le « contrat » qui a été établi, Mathieu nous a montré qu’il était volontaire ; à plusieurs reprises il a été tenté de s’occuper de son gobelet, a jeté un coup d’œil vers sa poche, a redressé la tête fièrement et a repris l’activité avec le cheval.

Conclusion :
L’implication de Mathieu est difficile à obtenir en raison de son obsession, mais il sait se montrer calme, doux, et volontaire à sa mesure. Cette activité lui a permis, semble-t-il, de suspendre certains moments d’angoisse pour les tourner vers la présence calme et rassurante de son cheval.


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LES AMIS DE JALNA — Association loi 1901
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